William Cullen (1710-1790) et Ernst von Feuchtersleben (1806-1849)
Médecin et chimiste écossais, et aliéniste et philosophe autrichien : ils font la distinction entre les névroses et les psychoses.
Pastilles grises : l’aliénisme du XIXᵉ siècle. Pastilles dorées : la psychiatrie moderne et ses remises en question.
Aliénisme
Chiarugi, Daquin, Tuke, Pinel : pratiques douces et brutales, résultats très mitigés.
Traitement moral et première classification en quatre groupes cliniques.
Il milite pour un asile dirigé par des médecins spécialisés dans chaque département.
Internés × 11 en un siècle ; les aliénés sont vus comme des « dégénérés » incurables → enfermement massif.
L’hystérie vient d’une lésion du système nerveux, pas de l’utérus.
Psychose maniaco-dépressive et démence précoce.
Janet : méthode expérimentale et personnalité globale. Freud (1895) : l’hystérie comme mécanisme de défense → inconscient refoulé.
Prise de conscience des mauvais traitements, fin du paternalisme médical.
Le patient devient acteur de ses soins.
Psychiatrie
William Cullen (1710-1790) et Ernst von Feuchtersleben (1806-1849)
Médecin et chimiste écossais, et aliéniste et philosophe autrichien : ils font la distinction entre les névroses et les psychoses.
Philippe Pinel (1745-1826)
Médecin-chef à la Salpêtrière, il lutte contre le grand enfermement : le « fou » devient un « sujet malade » pouvant recevoir des soins. Il libère les aliénés de leurs chaînes et met en place le traitement moral (instaurer une forme de dialogue avec le malade).
Traité médico-philosophique sur l’aliénation mentale ou la manie (1801) : l’une des premières classifications, en quatre groupes cliniques :
Jean-Étienne Esquirol (1772-1840)
Médecin aliéniste français, disciple de Pinel. Il s’insurge contre la situation inhumaine des aliénés en France (rapport de 1818 au ministre de l’Intérieur) et milite pour un asile dirigé par des médecins spécialisés dans chaque département.
Jean-Martin Charcot (1825-1893)
Médecin neurologue français : travaux de portée sur l’hystérie (forme de névrose) et l’utilisation de l’hypnose. Pour lui, les symptômes hystériques ne viennent pas d’un trouble de l’utérus mais d’une lésion du système nerveux. Il traite des patientes hystériques par suggestion hypnotique lors de conférences publiques.
Pierre Janet (1859-1947)
Psychologue et médecin français : il promeut la méthode expérimentale plutôt que l’introspection dans l’étude des pathologies mentales → tenir compte de la personnalité du sujet malade dans son ensemble.
Sigmund Freud (1856-1939)
Dès 1895, il décrit une forme d’hystérie qui résulte de mécanismes de défense, et non d’une faiblesse psychologique → hypothèse d’un inconscient qui ne peut pas devenir conscient car il est refoulé.
Emil Kraepelin (1856-1926)
Psychiatre allemand : les troubles mentaux ont nécessairement un substrat organique. Il crée une classification fondée sur des critères étiologiques et/ou cliniques objectifs (Traité de psychiatrie, 1883-1909). Troubles principaux :
Eugen Bleuler (1857-1939)
Psychiatre suisse : il remplace la notion de démence précoce par celle de schizophrénie, en montrant que ces patients ont une vie intérieure très riche et une rupture du fil de leur pensée.
François Tosquelles (1912-1994) et Jean Oury (1924-2014)
Psychiatre catalan installé en France et psychiatre français : ils fondent en 1960 la psychothérapie institutionnelle → soigner le collectif soignant et humaniser le fonctionnement des établissements psychiatriques.
David Cooper (1931-1986)
Psychiatre sud-africain, il introduit le terme d’antipsychiatrie en 1967 : la psychose ne doit pas être soignée mais encouragée, car elle signe un esprit libéré des contraintes tyranniques de la norme sociale.
Patricia Deegan et Bill Anthony
Années 1970 : mouvement du rétablissement. Processus individuel et collectif d’autonomisation des personnes vivant avec des troubles psychiatriques sévères, centré sur leur expérience subjective de la maladie et leur participation active aux soins.
David Rosenhan (1929-2012), psychologue, remet en cause la validité du diagnostic psychiatrique.
Partie 1 : de faux patients
Des associés en bonne santé mentale simulent de brèves hallucinations auditives pour être admis dans douze hôpitaux psychiatriques (USA) → tous sont admis et reconnus comme souffrant de désordres psychiatriques.
Une fois admis, ils agissent normalement et déclarent ne plus avoir d’hallucinations → le personnel reste persuadé qu’ils sont malades.
Partie 2 : de vrais patients
On demande au personnel d’un hôpital psychiatrique de repérer de faux patients parmi des personnes malades → un grand nombre de vrais malades sont désignés comme imposteurs.