UNSA
(Union Nationale des Syndicats Autonomes)
Syndicalisme pragmatique et modéré. Très forte dans la fonction publique (Éducation nationale, transports), elle se développe fortement dans le secteur privé.
En France, les syndicats de salariés se distinguent principalement par leur posture face au patronat et au gouvernement (culture du compromis versus syndicalisme de lutte), leur histoire et leur public cible.
On distingue d’un côté les 5 confédérations représentatives de plein droit au niveau national (qui négocient directement les grands accords interprofessionnels), et de l’autre des syndicats dits « non représentatifs au niveau interprofessionnel » mais très implantés dans certains secteurs.
| Syndicat | Positionnement & Culture | Public cible / Spécificité |
|---|---|---|
| CFDT (1re force dans le privé) | Syndicalisme de réforme et de négociation. Privilégie la recherche de compromis contractualisés. | Très généraliste. Historiquement issue d’une déchristianisation de la CFTC en 1964. |
| CGT | Syndicalisme de transformation sociale. Historiquement liée au mouvement ouvrier, elle privilégie le rapport de forces et la mobilisation. | Historiquement très forte dans le secteur industriel, l’énergie et les transports publics. |
| FO (Force Ouvrière) | Indépendance stricte et libre négociation. Refuse la co-gestion, s’attache à la défense des acquis sociaux et au rôle de la sécurité sociale. | Très présente chez les employés et dans la fonction publique. |
| CFE-CGC | Syndicalisme catégoriel. Axé sur la défense des intérêts spécifiques de l’encadrement (statut, fiscalité, retraite). | Réservé aux cadres, techniciens, agents de maîtrise et ingénieurs. |
| CFTC | Inspiration sociale-chrétienne. Axée sur le dialogue social, la défense des valeurs familiales et la protection des parcours de vie. | Généraliste, forte dans les services, le commerce et l’économie sociale. |
UNSA
(Union Nationale des Syndicats Autonomes)
Syndicalisme pragmatique et modéré. Très forte dans la fonction publique (Éducation nationale, transports), elle se développe fortement dans le secteur privé.
Solidaires
(dont les syndicats SUD)
Syndicalisme de lutte contestataire, anticapitaliste et très ancré dans les mouvements sociaux (rail, poste, santé, finances publiques).
FSU
(Fédération Syndicale Unitaire)
Principale fédération syndicale dans la fonction publique d’État, notamment très majoritaire chez les enseignants.
Le financement des syndicats en France repose sur un modèle mixte encadré par la loi du 5 mars 2014, qui a imposé une certification des comptes et une transparence accrue.
Les ressources s’articulent principalement autour de trois piliers :
C’est la ressource historique des syndicats. Elle garantit théoriquement leur liberté d’action et leur indépendance vis-à-vis de l’État et des entreprises.
Créé par la loi de 2014 et géré par l’AGFPN (Association de Gestion du Fonds Paritaire National), ce fonds redistribue chaque année plus de 150 millions d’euros aux organisations syndicales et patronales.
Le fonds s’alimente par deux sources :
Les fonds attribués ne sont pas des subventions d’action politique libres, mais sont fléchés sur 3 missions légales précises :
Négociation et gestion du paritarisme
Conception des conventions collectives, gestion partagée d’organismes paritaires (Unédic, Agirc-Arrco, Action Logement, OPCO).
Participation aux politiques publiques
Présence des syndicats dans les instances consultatives (CESE, conseils d’administration des caisses de Sécurité sociale).
Formation des salariés
Prise en charge des formations économiques, sociales et syndicales des élus du personnel et délégués.
Outre le Fonds paritaire national, les syndicats bénéficient de soutiens publics directs ou en nature :
| Source | Provenance | Objectif principal |
|---|---|---|
| Cotisations | Adhérents / Salariés | Financement direct du fonctionnement interne et de l’indépendance politique. |
| Fonds Paritaire (0,016 % + État) | Entreprises (URSSAF) + Budget de l’État | Indemnisation du travail d’expertise paritaire, de négociation et de formation des élus. |
| Aides en nature & Subventions | Collectivités, État, Entreprises | Mise à disposition de locaux, détachements et crédits d’heures. |
Depuis la loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale, les syndicats en France sont soumis à des règles strictes de transparence financière. La transparence des comptes constitue d’ailleurs l’un des critères légaux obligatoires pour qu’un syndicat puisse être reconnu représentatif.
Les obligations varient selon le niveau de ressources annuelles de l’organisation.
La loi fixe trois régimes d’obligations en fonction du total des ressources annuelles de la structure syndicale :
| Ressources annuelles | Type de comptabilité | Certification (CAC) | Publication des comptes |
|---|---|---|---|
| Moins de 2000 € | Comptabilité ultra-simplifiée (simple livre de recettes et dépenses) | Non | Non obligatoire (communication aux adhérents seulement) |
| Entre 2000 € et 230 000 € | Comptabilité simplifiée (bilan, compte de résultat et annexe simplifiés) | Non | Obligatoire (sur leur propre site Internet ou au Journal Officiel) |
| Plus de 230 000 € | Comptabilité complète (règles applicables aux entreprises et plan comptable général) | Obligatoire (nomination d’un Commissaire aux Comptes) | Obligatoire (publication obligatoire sur le site de la DREETS ou au Journal Officiel) |
Pour toute organisation syndicale dont les ressources dépassent 230 000 € par an :
La certification par le commissaire aux comptes ne suffit pas : les comptes certifiés doivent être rendus publics.