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Les petites victoires

Il y a des jours où se lever est déjà un exploit. Et personne ne vous applaudit pour ça. Alors autant le faire soi-même.

Pendant longtemps, je n’ai compté que les grandes réussites. Le diplôme. La promotion. Le projet mené de bout en bout. Tout le reste, je le trouvais normal. Évident. Pas digne d’être remarqué.

Et puis le burn-out est arrivé. Et avec lui, la dépression qui m’accompagnait depuis des années a pris toute la place.

Quand on est au fond, les grandes réussites deviennent inaccessibles. Si on ne compte qu’elles, le compteur reste à zéro. Jour après jour. Et ce zéro finit par nous convaincre qu’on ne vaut plus rien.

Un jour, je me suis posée une question : « Qu’est-ce que j’ai réussi à faire aujourd’hui ? »

J’ai failli répondre « rien ». Puis j’ai cherché un peu plus loin.

  • Je me suis levée de mon lit.
  • J’ai pris une douche et je me suis habillée.
  • J’ai répondu à un message qui traînait depuis trois semaines.

Rien d’extraordinaire. Mais ce jour-là, chacune de ces choses m’avait demandé un effort réel. Et cet effort, je l’avais fourni.

C’est là que j’ai compris : la taille d’une victoire ne se mesure pas à ce qu’elle produit, mais à ce qu’elle nous a coûté.

Les remarquer, ce n’est pas se mentir ou se contenter de peu. C’est au contraire regarder la réalité en face, toute la réalité, et pas seulement ce qui manque.

  • Elles redonnent de l’élan. Une chose faite en appelle une autre. Le mouvement revient doucement.
  • Elles apaisent la voix intérieure. Celle qui répète qu’on n’y arrive pas. Avec des preuves concrètes, elle a moins de prise.
  • Elles rendent visible le chemin parcouru. Les jours sans victoire éclatante ne sont pas des jours perdus. Ce sont des marches, une par une.

Aujourd’hui, j’essaie de terminer chaque journée de la même façon : je note trois choses que j’ai réussies. Pas forcément importantes. Pas forcément visibles. Juste vraies.

Certains soirs, la liste est facile. D’autres soirs, il faut chercher. Et quand vraiment rien ne vient, j’écris : « J’ai tenu jusqu’à ce soir. » Parce que c’est vrai, et que ça compte aussi.

Je ne suis pas encore sortie de tout. Il y a toujours des jours sans. Mais je sais maintenant que même ces jours-là contiennent quelque chose à célébrer.

Alors je célèbre. Doucement. Une petite victoire à la fois.