En Allemagne
Une psychologie des « facultés » mentales.
La psychologie contemporaine est une discipline scientifique à part entière. Mais pour y parvenir, elle a dû se dégager de la philosophie pour se constituer en discipline autonome : ses origines se confondent avec l’histoire de la philosophie occidentale.
Philosophie
Nature de l’âme, passions, folie : ces questions sont traitées par les philosophes et les médecins.
On décrit les « facultés de l’âme » comme les parties du corps, par métaphores.
Dualisme âme/corps, empirisme contre idées innées. On fait traditionnellement débuter la psychologie avec Descartes.
Premier acte fondateur d’une psychologie indépendante des questions métaphysiques.
La méthode expérimentale s’applique pour la première fois à l’étude des sensations.
Date retenue comme la naissance officielle de la psychologie scientifique.
Sur la mémoire (1885), laboratoire à Berlin (1886), revue de psychologie avec Arthur König (1890).
La psychologie a ses propres méthodes, laboratoires et revues.
Psychologie scientifique

La psychologie apparaît au XVIᵉ siècle, influencée par l’anatomie : il faut décrire les « facultés de l’âme » à la manière des parties du corps, d’où le recours à des métaphores.
Cette pré-psychologie s’inspire de la figure théologique de l’homme extérieur et de l’homme intérieur, construite en parallèle des rapports entre l’État et l’Église.
En Allemagne
Une psychologie des « facultés » mentales.
En Angleterre
Une psychologie de l’« association des idées », avec Thomas Hobbes : on commence à séparer le concept d’âme de celui de pensée.
René Descartes (1596-1650)
Philosophe français. Les historiens font généralement débuter la psychologie avec lui.
Le dualisme cartésien : deux substances hétérogènes. Le corps ne peut pas « penser », et l’âme n’a aucun contenu corporel.
L’âme a pour fonction de produire la pensée, comme une méthode pour se connaître soi-même et connaître Dieu : ce sont les fondements de la métaphysique cartésienne.
John Locke (1632-1704)
Philosophe anglais, opposant à Descartes et fondateur de la tradition empiriste : nos connaissances viennent de l’expérience, et non d’idées innées.
Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716)
Philosophe allemand. Il admet l’existence des idées innées et développe une tradition nativiste.
Christian Wolff (1679-1754)
Philosophe allemand. Il divise la psychologie en deux dans deux ouvrages :
À la fin du XIXᵉ siècle, la psychologie empirique se développe en Angleterre et la psychologie scientifique en Allemagne : pour Ebbinghaus, la psychologie est une « nouvelle science ».
Gustav Fechner (1801-1887)
Physicien et philosophe allemand. Son ouvrage sur la psychophysique (1860) montre qu’on peut utiliser la méthode expérimentale pour étudier la sensation.
Hermann Ebbinghaus (1850-1909)
Psychologue allemand, le premier à faire des fonctions psychologiques supérieures l’objet d’une science expérimentale, et non plus métaphysique ou philosophique.
Impressionné par Fechner, il applique la méthode expérimentale à la mémoire :
« Celui qui pense et ressent ne peut en même temps expérimenter par ses organes sensoriels les processus nerveux tels que ces pensées et ces sentiments sont perceptibles objectivement. Celui qui observe les processus nerveux ne peut pas en même temps avoir les pensées et les sentiments que ces processus impliquent. Cependant, les processus objectifs qui se déroulent en dehors du système nerveux, en particulier ceux en dehors de l’organisme expérimentés dans le monde extérieur, précèdent ou suivent les états mentaux, car les causes précèdent généralement leurs effets et les effets en suivent les causes. Il n’y a pas d’objection à parler de relation de cause à effet entre des processus matériels de ce type et des états mentaux. »
« Notre vision de la relation entre le corps et l’esprit nous amène à la conclusion suivante : comme notre corps peut être distingué de ses parties sans avoir d’existence séparée de ses parties, de même notre esprit peut être distingué des divers états de conscience sans avoir une existence séparée de leurs parties. L’esprit est le concept de la totalité des fonctions mentales. Comme la préservation de soi est le but principal de toute fonction corporelle, la préservation de soi est également le but principal de la vie mentale. »