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Grands auteurs

Cette page rassemble les grands auteurs rencontrés au fil des fiches de psychologie, du plus ancien au plus récent. Elle s’enrichira au fur et à mesure des cours.

Auteur Ouvrages célèbres et essentiel à retenir
Hippocrate (460-377 av. J.-C.)
Médecin grec
Corpus hippocratique

À retenir : père de la médecine occidentale et de la théorie des humeurs : l’équilibre de quatre humeurs (sang, lymphe, bile noire, bile jaune) garantit la santé ; leur déséquilibre cause les maladies physiques et mentales. On soigne donc l’âme en agissant sur le corps.
Platon (428-348 av. J.-C.)
Philosophe grec
Phédon
La République

À retenir : l’âme est immortelle, hébergée par le corps pendant la vie terrestre. Soumise aux sens, elle est exposée aux passions et à la folie, qui obscurcissent le raisonnement → soin par l’introspection (« Connais-toi toi-même », maxime de Socrate).
Aristote (384-322 av. J.-C.)
Philosophe grec
De l’âme

À retenir : l’âme, siège de la pensée, ne peut exister sans le corps : elle l’anime et le rend intelligent. Cette unité corps/âme la rend vulnérable aux passions corporelles.
Lucrèce (98-55 av. J.-C.)
Poète et philosophe latin
De la nature (De rerum natura)

À retenir : l’âme est une partie du corps, avec ses propres troubles, liés au corps ou à la conscience de la condition humaine.
Sénèque (4 av. J.-C.-65)
Philosophe stoïcien latin
Lettres à Lucilius
De la tranquillité de l’âme

À retenir : l’examen de conscience : analyser ses émotions, pensées et actions comme antidote à la folie ; agir sur ce qui peut l’être, accepter le reste.
Épictète (50-135)
Philosophe stoïcien grec
Manuel et Entretiens (rédigés par son disciple Arrien)

À retenir : ce ne sont pas les évènements qui conduisent à la folie, mais leur interprétation erronée.
Galien (129-201)
Médecin grec
Des tempéraments

À retenir : reprend la théorie des humeurs : le tempérament de chacun dépend de l’équilibre ou de l’excès de ses humeurs.
Saint Augustin (354-430)
Philosophe et théologien
Les Confessions
La Cité de Dieu

À retenir : pratique une introspection poussée : « il y a néanmoins quelque chose que [l’esprit de l’homme] même ne connaît pas » — une intuition lointaine de l’inconscient.
Saint François d’Assise (1181-1226)
Religieux italien
Cantique des créatures

À retenir : le « fou de Dieu » : il cherche la sagesse par l’imbécilité et l’exaltation par l’humiliation (phénomène d’inversion).
Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)
Théologien et philosophe italien
Somme théologique

À retenir : redécouvre Aristote : l’âme raisonnable (anima) peut dominer les passions (animus) si elle est guidée par la foi. Le fou est celui qui vit loin de Dieu.
Thomas Hobbes (1588-1679)
Philosophe anglais
Léviathan (1651)

À retenir : à l’origine de la psychologie anglaise de l’association des idées : il commence à séparer le concept d’âme de celui de pensée.
René Descartes (1596-1650)
Philosophe, mathématicien et physicien français
Discours de la méthode (1637)
Traité des passions (1649)

À retenir : père du dualisme : l’être humain est fait de deux substances distinctes, l’âme (res cogitans, « chose qui pense ») et le corps (res extensa, « chose étendue »), qui interagissent via la glande pinéale. Son « Je pense, donc je suis » fait de la conscience de soi le point de départ de la connaissance. Il pose le problème corps/esprit, encore central en psychologie.
John Locke (1632-1704)
Philosophe et médecin anglais
Essai sur l’entendement humain (1690)

À retenir : figure de l’empirisme, opposé aux idées innées de Descartes : à la naissance, l’esprit est une « table rase » (tabula rasa) et toutes nos idées viennent de l’expérience (sensation et réflexion). Il annonce l’associationnisme et, plus tard, l’importance donnée à l’apprentissage et à l’environnement.
Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716)
Philosophe et mathématicien allemand
Nouveaux essais sur l’entendement humain (écrit en 1704)
Monadologie (1714)

À retenir : défend les idées innées (tradition nativiste), contre Locke. Il décrit des perceptions qui agissent sur l’esprit sous le seuil de l’attention : un germe de l’idée d’inconscient.
Christian Wolff (1679-1754)
Philosophe et mathématicien allemand
Psychologia empirica (1732)
Psychologia rationalis (1734)

À retenir : il popularise le mot « psychologie » et distingue la psychologie empirique (fondée sur l’observation de ce qui se passe en nous) de la psychologie rationnelle (fondée sur le raisonnement à propos de la nature de l’âme).
William Cullen (1710-1790)
Médecin et chimiste écossais
First Lines of the Practice of Physic (1777-1784)

À retenir : avec Feuchtersleben, distingue les névroses et les psychoses.
Franz-Anton Mesmer (1734-1815)
Médecin viennois
Mémoire sur la découverte du magnétisme animal (1779)

À retenir : théorie du magnétisme animal : une énergie universelle dont le déséquilibre perturbe la santé physique et mentale → soin par les aimants ou la transe. Réfutée par la commission scientifique de 1784.
Philippe Pinel (1745-1826)
Médecin aliéniste français
Traité médico-philosophique sur l’aliénation mentale ou la manie (1801)

À retenir : le « fou » devient un « sujet malade » : il libère les aliénés de leurs chaînes et invente le traitement moral. Première classification en quatre groupes : manie, délire mélancolique, démence, idiotisme.
Marquis de Puységur (1751-1825)
Magnétiseur français
À retenir : fait évoluer le magnétisme vers le somnambulisme magnétique, fondé sur l’influence exercée sur le malade → immense engouement.
Étienne Félix d’Hénin de Cuvillers (1755-1841)
Magnétiseur français
À retenir : propose le préfixe « hypn- » pour décrire l’état de concentration du somnambulisme → naissance de l’hypnotisme (1819).
Jean-Étienne Esquirol (1772-1840)
Médecin aliéniste français, disciple de Pinel
Rapport au ministre de l’Intérieur (1818)
Des maladies mentales (1838)

À retenir : dénonce la situation inhumaine des aliénés et milite pour un asile par département, dirigé par des médecins spécialisés → loi de 1838.
Johann Friedrich Herbart (1776-1841)
Philosophe allemand
Manuel de psychologie (1816)

À retenir : prolonge Leibniz : les perceptions influent sur l’esprit en restant sous le seuil de l’attention.
Arthur Schopenhauer (1788-1860)
Philosophe allemand
Le Monde comme volonté et comme représentation (1818)

À retenir : parmi les philosophes qui introduisent la notion d’inconscient : une partie du psychisme extérieure à la conscience.
Carl Gustav Carus (1789-1869)
Médecin et philosophe allemand
Psyché (1846)

À retenir : fait de l’inconscient la clé de la vie psychique consciente.
James Braid (1795-1860)
Chirurgien écossais
Neurypnology (1843)

À retenir : reprend le préfixe « hypn- » → naissance du sommeil hypnotique (1843).
Gustav Fechner (1801-1887)
Physicien et philosophe allemand
Éléments de psychophysique (1860)

À retenir : fondateur de la psychophysique : montre qu’on peut appliquer la méthode expérimentale à l’étude de la sensation.
Ernst von Feuchtersleben (1806-1849)
Aliéniste et philosophe autrichien
Manuel de psychologie médicale (1845)

À retenir : avec Cullen, distingue les névroses et les psychoses.
Jean-Martin Charcot (1825-1893)
Médecin neurologue français
Leçons sur les maladies du système nerveux (1872-1887)

À retenir : étudie l’hystérie à la Salpêtrière : elle vient d’une lésion du système nerveux, pas de l’utérus. Il la traite par suggestion hypnotique lors de leçons publiques. Janet et Freud fréquentent son service.
Wilhelm Wundt (1832-1920)
Physiologiste et psychologue allemand
Éléments de psychologie physiologique (1873-1874)

À retenir : ouvre en 1879 à Leipzig le premier laboratoire de psychologie expérimentale : date retenue comme la naissance officielle de la psychologie scientifique.
Eduard von Hartmann (1842-1906)
Philosophe allemand
Philosophie de l’inconscient (1869)

À retenir : contribue à imposer le terme d’inconscient en philosophie.
Friedrich Nietzsche (1844-1900)
Philosophe allemand
Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885)
La Généalogie de la morale (1887)

À retenir : parmi les philosophes du XIXᵉ siècle qui développent la notion d’inconscient.
Hermann Ebbinghaus (1850-1909)
Psychologue allemand
Sur la mémoire (Über das Gedächtnis, 1885)

À retenir : premier à étudier expérimentalement la mémoire, en apprenant lui-même des listes de syllabes sans signification. Il établit la courbe de l’oubli : on oublie très vite juste après l’apprentissage, puis plus lentement. On lui doit aussi : « La psychologie a un long passé, mais une courte histoire. »
Theodor Lipps (1851-1914)
Professeur de psychologie allemand
À retenir : impose l’inconscient comme question centrale en psychologie. On lui doit aussi le concept d’empathie (Einfühlung).
Emil Kraepelin (1856-1926)
Psychiatre allemand
Traité de psychiatrie (1883-1909)

À retenir : les troubles mentaux ont un substrat organique. Il crée une classification fondée sur des critères objectifs, avec deux grands troubles : la psychose maniaco-dépressive et la démence précoce.
Sigmund Freud (1856-1939)
Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse
Études sur l’hystérie (1895, avec Josef Breuer)
L’Interprétation des rêves (1900)

À retenir : dès 1895, l’hystérie résulte de mécanismes de défense → hypothèse d’un inconscient refoulé. Il s’attribue la « découverte » de l’inconscient et de l’appareil psychique, pourtant pensés avant lui. Rival de Janet.
Eugen Bleuler (1857-1939)
Psychiatre suisse
Dementia praecox ou le groupe des schizophrénies (1911)

À retenir : remplace « démence précoce » par schizophrénie : les patients ont une vie intérieure très riche et une rupture du fil de la pensée.
Pierre Janet (1859-1947)
Psychologue et médecin français
L’Automatisme psychologique (1889)
Les Obsessions et la psychasthénie (1903)

À retenir : promeut la méthode expérimentale plutôt que l’introspection et veut tenir compte de la personnalité du malade dans son ensemble. Élève de Charcot, perçu comme un « Freud français », il s’oppose à la psychanalyse (1913).
Gaston Bachelard (1884-1962)
Philosophe et épistémologue français
La Formation de l’esprit scientifique (1938)

À retenir : la recherche scientifique reposerait en partie sur la capacité du chercheur à prendre du recul (distance épistémologique). « Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »
Jean Piaget (1896-1980)
Psychologue et épistémologue suisse
Le Structuralisme (1968)
L’Épistémologie génétique (1970)

À retenir : constructivisme : les capacités cognitives ne sont ni innées, ni acquises. Elles se construisent progressivement par l’interaction entre maturation et expérience (Grand Débat avec Chomsky, 1975). Épistémologie génétique : étude de la construction des connaissances (ontogenèse) chez l’enfant pour comprendre le développement de la pensée scientifique. Cercle des Sciences : remplace la hiérarchie linéaire des sciences (positivisme) par une vision circulaire. Une structure possède 3 propriétés fondamentales : totalité, transformations, autoréglage (fermeture).
François Tosquelles (1912-1994)
Psychiatre catalan installé en France
À retenir : fonde avec Jean Oury la psychothérapie institutionnelle (1960) : soigner le collectif soignant pour humaniser les établissements psychiatriques.
Gilles-Gaston Granger (1920-2016)
Philosophe et épistémologue français
À retenir : l’épistémologie a pour but « de décrire et de faire comprendre le sens, la portée et les procédures de l’effort de rationalisation dans l’explication des phénomènes qu’exprime le mouvement de la science » (1986).
Jean Oury (1924-2014)
Psychiatre français
À retenir : cofondateur, avec Tosquelles, de la psychothérapie institutionnelle.
Noam Chomsky (né en 1928)
Linguiste américain
Structures syntaxiques (1957)

À retenir : innéisme : compétences mentales et linguistiques innées, inscrites dans le cerveau humain (Grand Débat avec Piaget, 1975).
David Rosenhan (1929-2012)
Psychologue américain
« On Being Sane in Insane Places » (Science, 1973)

À retenir : remet en cause la validité du diagnostic psychiatrique : de faux patients sont admis et gardés en hôpital, de vrais malades sont pris pour des imposteurs. Dangers de la déshumanisation et de l’étiquetage. Ses résultats sont contestés par Susannah Cahalan (The Great Pretender, 2019).
David Cooper (1931-1986)
Psychiatre sud-africain
Psychiatrie et antipsychiatrie (1967)

À retenir : invente le terme d’antipsychiatrie : la psychose ne doit pas être soignée mais encouragée, car elle signe un esprit libéré de la norme sociale.
Léna Soler (née en 1966)
Philosophe des sciences française
Introduction à l’épistémologie (2000)

À retenir : « l’épistémologie vise fondamentalement à caractériser les sciences existantes, en vue de juger de leur valeur et notamment de décider si elles peuvent prétendre se rapprocher de l’idéal d’une connaissance certaine et authentiquement justifiée. »
Pierre Sagaut (né en 1967)
Physicien et mécanicien français
Introduction à la pensée scientifique moderne (2008)

À retenir : les théories scientifiques sont un ensemble de lois, c’est-à-dire d’hypothèses vérifiées et validées expérimentalement. Le but de la théorie est d’unifier ces lois. 4 fonctions d’une théorie scientifique : explicative-prédictive, unificatrice, heuristique, de représentation.