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1. Les premières conceptions de l'âme humaine et de ses dysfonctionnements

L’intérêt pour l’origine de l’âme humaine, son fonctionnement et son devenir après la mort se développe depuis la préhistoire (premières sépultures il y a -100 000 ans, marques de trépanations crâniennes il y a -10 000 ans).

Pastilles grises : explications surnaturelles de la folie. Pastilles dorées : explications philosophiques et médicales.

Préhistoire

  1. -100 000 / -10 000Premières sépultures, puis trépanations crâniennes

    L’intérêt pour l’âme et son devenir après la mort est déjà présent.

  2. Sociétés antiquesMauvais esprits et sanctions divines

    Soins par les chamans et les prêtres, offrandes et sacrifices.

  3. Vᵉ-IVᵉ s. av. J.-C.Hippocrate et la théorie des humeurs

    Le déséquilibre des quatre humeurs provoque les maladies physiques et mentales.

  4. IVᵉ s. av. J.-C.Platon, puis Aristote

    Âme immortelle soignée par l’introspection, puis âme indissociable du corps.

  5. Iᵉʳ s. av. J.-C.Lucrèce : l’âme est une partie du corps

    Ses troubles viennent du corps ou de la conscience de la condition humaine.

  6. Iᵉʳ-IIᵉ s.Les stoïciens : Sénèque, Épictète

    La folie vient d’une interprétation erronée des évènements ; l’antidote est l’examen de conscience.

  7. IIᵉ s.Galien : humeurs et tempéraments

    Le tempérament dépend lui aussi de l’équilibre des humeurs.

  8. IVᵉ-Vᵉ s.Saint Augustin et l’introspection

    Une part de l’esprit reste inconnue de lui-même.

  9. XIIIᵉ s.François d’Assise, Thomas d’Aquin

    Le « fou de Dieu » ; la foi permet à l’âme raisonnable de dominer les passions.

  10. Fin du Moyen-ÂgeLa folie devient possession du Diable

    Les ordres hospitaliers enferment les fous « pour leur bien ».

Moyen-Âge

Philosophes et médecins de l’Antiquité

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Hippocrate (460-377 av. J.-C.)

La théorie des humeurs permet d’apaiser les troubles de l’âme par l’action sur le corps. L’équilibre des quatre humeurs — sang, lymphe, bile noire et bile jaune (feu, eau, terre et air) — garantit un bon état de santé ; leur déséquilibre provoquerait les maladies physiques et mentales.

Platon (428-348 av. J.-C.)

L’âme serait immortelle mais hébergée par le corps durant la vie terrestre. Soumise aux perceptions sensorielles, elle serait propice à l’émergence des passions et des folies, par l’obscurcissement plus ou moins transitoire du raisonnement et du jugement → soin par l’introspection.

Maxime de Socrate : « Gnothi seauton » (Connais-toi toi-même).

Aristote (384-322 av. J.-C.)

L’âme, siège de la pensée, ne peut exister sans corps : elle l’anime et le rend intelligent. Cette unicité corps/âme la rendrait vulnérable aux passions corporelles, qui pourraient en affecter le fonctionnement.

Lucrèce (98-55 av. J.-C.)

L’âme est une partie du corps, avec un fonctionnement spécifique et ses propres troubles, liés à des dysfonctionnements corporels ou à la conscience de la condition humaine.

Galien (129-201)

Le tempérament humain est également déterminé par l’excès ou le déséquilibre des humeurs.

Les stoïciens : corps et âme, une seule entité

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Sénèque (4-65)

L’examen des consciences est une forme d’introspection stoïcienne : analyser ses propres émotions, pensées et actions comme antidote interne à la folie — travailler sur soi avec lucidité pour agir quand c’est possible, ou accepter ce qui ne peut être changé.

Épictète (50-135)

Ce ne sont pas les mouvements du corps ou les évènements qui conduisent à la folie, mais leur interprétation erronée.

Saint Augustin (354-430)

A pratiqué une introspection poussée. Il explique qu’« il n’y a que l’esprit de l’homme qui sache ce qui se passe en lui ; il y a néanmoins quelque chose que son esprit même ne connaît pas ».

Saint François d'Assise (1181-1226)

Un « fou de Dieu » — phénomène d’inversion : il cherche la sagesse par l’imbécilité et l’exaltation par l’humiliation.

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274)

Redécouvre la pensée aristotélicienne : l’âme raisonnable (anima) peut dominer les passions (animus) si elle est guidée par la foi. Les fous, dont l’animus étouffe l’anima, sont ceux qui vivent loin de Dieu en cédant aux tentations et aux péchés.