Skip to content

7. L'empirisme anglais (XVIIe-XVIIIe siècles)

  1. 1620« Novum Organum » (Francis Bacon)

    Bacon défend une science fondée sur l’observation des faits et sur l’induction.

  2. 1651« Léviathan » (Thomas Hobbes)

    Hobbes y expose sa conception mécaniciste et matérialiste de l’être humain.

  3. 1689« An Essay Concerning Human Understanding » (John Locke)

    Locke cherche d’où viennent nos idées : elles viennent de l’expérience.

  4. 1739-1740« A Treatise of Human Nature » (David Hume)

    Hume formule les lois de l’association : similitude, contiguïté et causalité.

  5. 1830« Cours de philosophie positive » (Auguste Comte)

    Comte prolonge la philosophie positive de Bacon : le positivisme.

Francis Bacon (1561-1626)

→ philosophie positiviste

Thomas Hobbes (1588-1679)

→ monisme matérialiste

John Locke (1632-1704)

→ relations de causes à effets

David Hume (1711-1776)

→ associationnisme

Un empiriste est celui qui pense que la connaissance est dérivée de l’expérience. L’empirisme est donc la philosophie qui montre l’importance de l’expérience dans la réalisation de la connaissance.

L’empirisme est l’épistémologie qui affirme que la preuve des sens constitue les données primaires de toute la connaissance, que la connaissance ne peut exister que si cette preuve a d’abord été recueillie et que tous les processus intellectuels ultérieurs doivent utiliser cette preuve et seulement cette preuve dans l’élaboration de propositions valables sur le monde réel.

— Robinson (1986)

Philosophie positive selon Bacon (1561-1626)

Section titled “Philosophie positive selon Bacon (1561-1626)”

La science positiviste est basée sur la philosophie positiviste de Bacon puis celle d’Auguste Comte (1830) : seuls les objets ou événements qui peuvent être directement vécus, expérimentés, devraient être objet de la recherche scientifique.

Le positiviste rejette la spéculation métaphysique et se détache nettement des préceptes ontologiques issus de la religion. Le positivisme aura donc une influence déterminante dans l’évolution scientifique de la psychologie.

F. Bacon : fondateur de l’empirisme et de la nouvelle science. Pour lui, la science n’a pas besoin de théories, d’hypothèses ou de mathématiques. Elle implique seulement des faits d’observation. Il souhaite une science fondée sur l’induction (contrairement à Galilée qui préfère la démarche basée sur la déduction).

La science véritable est la science des causes.

— Bacon

Bacon s’oppose ainsi à la logique aristotélicienne qui établit un lien entre principes généraux et les faits particuliers : pour lui, la logique se borne à exposer des découvertes déjà existantes et ne fait pas de vérification.

Monisme matérialiste (physicaliste) de Hobbes (1588-1679)

Section titled “Monisme matérialiste (physicaliste) de Hobbes (1588-1679)”

Selon T. Hobbes, toute connaissance viendrait de l’extérieur et il n’existerait pas d’idées innées.

Mécaniciste

Il croyait que l’univers et tout ce qu’il comporte, y compris l’être humain, étaient des machines.

Déterministe

Il pensait que toute activité, y compris le comportement humain, était causée par des forces qui agissaient sur les objets physiques : ainsi le libre arbitre ne peut y avoir une place.

Hédoniste

Il croyait que le comportement humain était motivé uniquement par la recherche du plaisir et l’évitement de la douleur.

Concernant l’origine de la connaissance, Hobbes a défendu une position empiriste : toute connaissance proviendrait des sens et de l’expérience. Il pensait que toute la connaissance était dérivée de l’expérience sensorielle.

Hobbes réintroduit la loi de la contiguïté (Aristote) pour expliquer la position associationniste de la pensée, de la mémoire humaine : les événements qui se présentent en même temps dans nos expériences sont rappelés en même temps et sont plus tard pensés au même moment.

Une idée commune aux empiristes est de nier l’existence des idées innées. Pour Hobbes, la psychologie serait donc l’étude de la propagation de mouvements matériels qui agissent sur les dispositifs physiologiques nerveux et produisent les réactions et les attitudes.

Relations de causes à effets selon Locke (1632-1704)

Section titled “Relations de causes à effets selon Locke (1632-1704)”

Locke incarne le courant empiriste qui s’attache à l’observation des faits extérieurs. Il a inspiré la psychologie du comportement (behaviorisme) avec David Hume.

Locke accepte le dualisme corps-esprit, rejetant donc le monisme matérialiste de Hobbes. Pour Locke les idées viennent de l’expérience.

Locke expose les trois objectifs de son projet philosophique :

  1. découvrir d’où viennent nos idées,
  2. déterminer ce que signifie avoir ces idées,
  3. et examiner des questions de foi et d’opinion pour déterminer comment nous devrions procéder logiquement lorsque nos connaissances sont limitées.

L’associationnisme selon Hume (1711-1776)

Section titled “L’associationnisme selon Hume (1711-1776)”

A Treatise of Human Nature (1739) → lois de l’association :

Loi de similitude

Une idée présentée à l’esprit évoque automatiquement des idées qui lui ressemblent.

Loi de contiguïté spatiale et temporelle

Les idées présentées à l’esprit ensemble deviennent liées, de sorte que si l’une est présentée plus tard, l’autre sera automatiquement portée à la conscience.

Loi de causalité

Relation de cause à effet : les causes nous font automatiquement penser à leurs effets ; les effets nous font penser automatiquement à leurs causes.

En épistémologie, Hume s’est interrogé sur les notions communes d’identité personnelle et a soutenu qu’il n’y a pas de « soi » permanent qui se perpétue avec le temps. Il a écarté les récits standards de causalité et soutenu que nos conceptions des relations de cause à effet sont fondées sur des habitudes de pensée, plutôt que sur la perception des forces causales dans le monde extérieur lui-même. Il a défendu la position sceptique selon laquelle la raison humaine est intrinsèquement contradictoire, et ce n’est que par des croyances naturelles que nous pouvons nous frayer un chemin à travers la vie commune.

Il a également avancé des théories sur l’origine des croyances religieuses populaires, fondant de telles notions dans la psychologie humaine plutôt que dans l’argument rationnel ou la révélation divine. Son empirisme expérimental et son scepticisme modéré annoncent et expliquent les prodiges scientifiques des siècles suivants.